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Télécharger l'article au format pdf Comment dynamiser les équipes autour de l’EMI ? : deux exemples en collège

mardi 9 décembre 2014 par Hélène Mulot, Muriel Almayrac

Basée sur le document publié par l’UNESCO en 2011 et intitulé : Éducation aux médias et à l’information : programme de formation pour les enseignants, l’EMI a pour caractéristiques de concerner les professeurs de toutes les disciplines et de viser « une intégration dans le système éducatif » pour « atteindre des millions de jeunes ». En France, le référentiel des compétences des métiers du professorat et de l’éducation, paru au Journal Officiel du 8 juillet 2013, en reconnaît 4 essentielles aux professeurs documentalistes. Parmi celles – ci, celle qui arrive en premier est : « Maîtriser les connaissances et les compétences propres à l’éducation aux médias et à l’information« . Ainsi, le professeur documentaliste, doit être une personne ressource dans l’établissement scolaire pour la mise en place de l’EMI. Comment peut - il alors dynamiser les équipes autour de cette nouvelle discipline scolaire en construction ?

Nous vous présentons ici deux exemples issus de nos collèges : la création d’un pédagolab et la publication de travaux d’élèves et d’enseignants sur le blog EMITHEO. Bien que ne dépassant pas le stade de l’expérimentation à ce jour, la création de ces deux dispositifs est issue d’un cheminement commun.

1. Évaluer les apprentissages en lien avec le numérique qui se font déjà dans l’établissement

L’EMI dans nos établissements
AppellationParcours de culture numérique L’appellation “culture numérique” recouvre en réalité l’EMI mais il y a un an et demi, le terme culture numérique avait été plus significatif pour mon chef d’établissement afin de porter le projet après des collègues et des parents mais aussi des élèves. Education aux médias et à l’information (EMI) A Saint Théodard, nous sommes passés directement à l’appellation EMI, car l’enseignement est mis en place seulement depuis septembre 2014.
Quels dispositifs autour de l’EMI ? 6e = en ½ groupe le plus souvent sur des heures d’aide au travail personnel ou en transdisciplinarité (français, histoire, SVT notamment) à partir de janvier surtout.

5e= parcours de culture numérique dans l’emploi du temps par quinzaine en ½ groupe + quelques séances en transdisciplinarité.

4e = parcours de culture numérique dans l’emploi du temps de janvier à avril + IDD en parallèle et quelques séances en transdisciplinarité.

3e= en ½ gr le plus souvent et en transdisciplinarité (français et SVT notamment).

Classes de SEGPA = autour de projets.
6° : en ½ groupe, 1 heure tous les 15 jours, sur des heures d’étude.

5° : Une heure sur des heures de vie de classe 3 ou 4 fois dans l’année + atelier Français Numérique (1h/semaine) pour des élèves à besoins particuliers.

4° : Sur des heures de français ou de langue. Enseignement axé sur les médias et la lecture (Réseau social Babelio).

3° : Sur des heures de langues (anglais et espagnol) essentiellement.
Qui en a la charge ? Qui est impliqué ? 6e : la professeure documentaliste + enseignants de discipline.

5e et 4e : parcours inscrit dans l’emploi du temps et pris en charge par la professeure documentaliste.

3e : la professeure documentaliste + enseignants de discipline.
° : la professeure documentaliste.

5° : les professeurs principaux et la professeure de français pour l’atelier Français numérique.

4° : Les professeurs de français et la professeure documentaliste.

3° : Les professeurs de langue et la professeure documentaliste.
Notions et compétences
Notions Notions complémentaires *liste non exhaustive
● Espace informationnel
● Autorité documentaire
● Source et véridicité informationnelle
● Pertinence de l’information
● Architecture de l’information
● Redocumentarisation et éditorialisation
● Collaboration
● Présence numérique
● Partage
● Document, information, Internet et Web, navigateur, réseau social, moteur de recherche, médias d’information
● Présence numérique, cartographie des sources, copyright et licences libres, recommandation
● Moteur de recherche, controverses, pertinence de l’information
● Curation, réseau social
● Traces, identité numérique, libertés individuelles et collectives
● Droit de l’information et de l’image
Compétences Compétences informationnelles : collecter, trier, organiser, stocker l’information.

Compétences médiatiques : produire, mettre en ligne, recommander, reproduire.

Compétences informatiques : savoir-faire et faire.

Compétences comportementales et éthiques : savoir devenir, savoir interpréter, et pouvoir d’agir.

2. Créer un dialogue avec les collègues intéressés pour créer de la cohérence dans l’enseignement et accompagner ceux qui n’osent pas (encore) franchir le cap

L’exemple du blog EMITHEO : le numérique au cœur du projet pédagogique

Le blog EMITHEO du collège Saint-Théodard de Montauban est né en novembre 2014. Il est le fruit d’un travail collaboratif d’une année entre certains professeurs de discipline et moi-même. Ce projet prend sa source lors d’une réunion pédagogique en octobre 2013. Au cours de celle-ci, le chef d’établissement avance l’idée d’inscrire le numérique au cœur du projet pédagogique du collège. C’est l’occasion de me positionner comme référente sur le sujet. Je propose alors de recenser tout ce qui se fait en lien avec le numérique dans le collège. L’important est alors d’instaurer le dialogue avec mes collègues d’une part (je suis dans l’établissement depuis 2 mois) et de recenser le matériel disponible dans les salles. Au cours de ces échanges, je constate que beaucoup d’enseignants travaillent avec ou sur le numérique (exemples : le programme de technologie, les débats sur les réseaux sociaux en langue, le travail sur les logiciels de mathématiques…). Des enseignants sont intéressés mais ne se sentent pas prêts à franchir le cap face aux élèves.
En parallèle, je réfléchis à une progression en EMI. Je développe quelques projets (durant la semaine de la presse, nous effectuons une séquence en lien avec le cours de français en 4° sur la comparaison entre la presse papier et la presse numérique, nous lançons le défi Babelio en 5°, nous créons un photo - récit sur le thème des Ménines en Espagnol…). Les élèves participent, produisent des choses intéressantes dont on discute en salle des professeurs. On expérimente et on partage nos doutes et nos réussites. La communication avec le chef d’établissement est également primordiale.

L’exemple du pédagolab : un parcours de culture numérique pour tous

L’idée d’un « pédagolab » autour de la pédagogie et de la culture numérique, plus généralement autour de l’EMI est née l’année dernière après une année d’expérimentation d’un parcours intitulé “culture numérique”.
C’est un article de NetPublic (en particulier le site Prof Lab) qui a permis à l’idée de germer en juin 2014, au moment de faire les bilans de fin d’année. L’objectif est alors de trouver un moyen pour redynamiser le travail et la réflexion de l’équipe autour de questions pédagogiques et de culture numérique. Nous voulions aussi donner une suite à une journée pédagogique que nous avions eu avec André Tricot sur le thème “Apprendre et enseigner le numérique : mythes et réalités".
.
Nous sommes plusieurs dans le collège à avoir envie de partager : du temps, des compétences, des expériences, des productions, des idées, des informations, des outils…
Le dispositif du pédagolab prend appui sur les fablabs pédagogiques qui ont pour ambition de “faire travailler ensemble des métiers d’un même secteur”. Le but est de réunir des collègues motivés dans des temps d’échanges, de partage, d’auto-formation afin de développer une pédagogie augmentée par le numérique et de donner du sens à notre enseignement.

Parfois, les professeurs de discipline font de l’EMI sans le savoir. A travers ces deux exemples que sont le blog et le pedagolab, nous voyons que mettre à jour les notions et les compétences afférentes donnent davantage de sens et de cohérence à l’enseignement. Dès lors, nous avons choisi de ne pas en rester à des échanges informels entre collègues, mais de structurer des dispositifs autour de ces échanges.

3. Créer un espace de communication pour les équipes

Un espace en ligne : un blog

Au collège Saint-Théodard, petit à petit naît l’idée de créer un outil de publication et de communication accessible au plus grand nombre. Le blog est ce qui paraît le mieux correspondre à nos attentes. Il a deux objectifs essentiels :
● Proposer un espace de publication pour les enseignants et l’équipe de Vie Scolaire. Tous les membres de l’équipe éducative peuvent publier des contenus en lien avec l’Education aux Médias et à l’Information. Le professeur documentaliste a alors un rôle de coordonnateur.
● Fournir un espace de communication à destination des parents d’élèves. Expliquer ce que font les élèves dans le cadre de l’Education aux Médias et à l’Information aux parents me paraît important dans le sens où cela permet d’adopter un discours commun face à un adolescent qui se construit.

Un espace de rencontre : un pédagolab

Le pédagolab, soutenu par la direction, a été présenté en fin d’année scolaire lors des journées de bilan. Passer d’une envie personnelle à une action et une réflexion communes, a été finalement assez simple : motiver d’abord individuellement quelques collègues avec qui j’avais l’habitude de monter des séances ainsi que les collègues que je pressentais comme faisant déjà de l’EMI sans le savoir. Le pédagolab a été ouvert à tous les collègues motivés, curieux, souhaitant travailler en équipe de façon formalisée et surtout prêts à s’investir dans un temps d’auto-formation.
L’idée était que chacun fasse un « arrêt sur image » de sa pratique et puisse faire évoluer sa posture d’enseignant.

Aujourd’hui, sur les 23 collègues de mon établissement, le pedagolab compte 9 inscrits.
Nous nous réunissons tous les 15 jours sur le temps du repas en salle informatique avec nos plateaux repas. Un moment à la fois donc convivial et productif.

Un pédagolab pour quoi ? et comment ?
Dès le départ nous avons discuté des intentions de notre groupe :
• Co-construire des savoirs, des savoir-faire, des savoirs être.
• Partager nos expériences, nos séances mais aussi nos questionnements, et nos doutes.
• Expérimenter, tester tout en s’imposant un fil rouge, une trame autour de questions : Quelles sont les situations d’enseignement qui permettent à nos élèves d’être de vrais acteurs du numérique ? Comment passer dans la posture d’un enseignant créateur ?

Un collègue a exprimé que ce qu’il était venu chercher, c’était du "travailler ensemble". Rien de très nouveau dans la formule que j’ai proposée aux collègues. Nous avons déjà l’habitude, nous professeurs documentalistes en particuliers, de travailler en transdisciplinarité, mais le pédagolab apporte, il me semble quelque chose de "plus", en tout cas dans le collège : une nouvelle dynamique, de nouvelles envies, un nouvel état d’esprit. Nous prenons du temps, tous les 15 jours, pour nous auto-former, pour partager, pour discuter de la portée de note nouvelle manière d’enseigner par et avec le numérique, le tout soutenu par la direction qui prend parfois une part active dans le groupe.

Pour l’instant 7 séances du Pédagolab ont eu lieu ; la thématique est choisie par le groupe d’une fois pour l’autre, je veille juste à garder une cohérence de l’ensemble.

1 : Comprendre/critiquer/créer : une grille de lecture pour nos séances.
2 : Comment et pourquoi mettre à disposition des ressources pour les élèves.
3 : Comment valoriser les travaux des élèves en ligne.
4 : La tablette outil et objet d’enseignement (il faut dire que c’est cette semaine-là que nous avons reçu 6 tablettes dans l’établissement).
5 : Point d’étape : qu’avons-nous réalisé ?
6 : Travailler l’interactivité à travers les outils : tablette, TBI, ordnateur.
7 : L’évaluation à l’heure du numérique : comment prendre en compte le copié-collé. L’exemple du document de collecte.

A travers ces deux exemples, nous voyons naître aussi leur complémentarité, peut être serait-il possible de combiner les deux sans forcément trop alourdir ces espaces qui, en ligne ou non, restent des espaces de rencontre et d’échanges au service des élèves.

4. Créer un espace de publication pour les élèves

A l’entrée en 6°, les élèves du collège Saint - Théodard sont 60% à déclarer qu’ils ont déjà publié sur le Web. 43% d’entre eux l’ont fait via les réseaux sociaux.
Dans ce contexte, sans doute transposable à la plupart de nos établissements, il est important d’accompagner les élèves dans la démarche de publication. Les notions suivantes sont alors abordées : partage de connaissances, auteur et autorité, licences Creative Commons, Communs de la connaissance…

Exemples de travaux publiés :
https://cdisttheodard82.wordpress.com/2014/11/20/sequence-be-safe-surfers-anglais-emi-les-cartoons/
http://saint-jean.apprentis-auteuil.org/travaux-deleves-formation-a-la-culture-de-participation

5. Viser l’implication toujours plus large de l’équipe éducative : une EMI “distribuée"

Un pédagolab...et après ? Un 1e bilan

Après un trimestre de fonctionnement, nous avons réalisé un premier bilan assez positif de cette structure. Voici quelques mots recueillis auprès des collègues :
● Le pédagolab donne des idées et crée une sorte de dynamique pédagogique.
● Nous menons une réflexion transversale.
● La méthodologie de travail (chaque enseignant présente un sujet) permet un travail vraiment collaboratif.
● L’idée est pertinente car cela nous ouvre des portes, nous place dans une dynamique de recherche.
● Un temps d’échange où chacun peut témoigner, montrer, aider.
● Un espace de liberté : je viens, je partage , je prends et peut-être que je donne.

Plusieurs points d’appui ont émergé pour la suite de la réflexion : ( ici encore les mots de collègues)
● Tous les enseignants ont un besoin de formation et surtout de partager avec les autres collègues.
● Découverte d’activités menées par mes collègues, des pratiques.
● Découverte des outils qui enrichissent une réflexion pédagogique et la pratique enseignante. Envie d’explorer d’autres pistes pour les créations de cours pour indiquer une activité possible dans la matière.
● Compréhension des pistes nouvelles d’apprentissage à notre disposition.
● Compréhension de la notion de partage : idée forte pour une culture numérique de demain.
● Découverte des contraintes techniques (une wifi aléatoire par exemple) comme perturbateur de certaines certitudes qu’il faut savoir dépasser.
● Nécessité de prendre le temps de la compréhension. Se forger une culture numérique avant de se lancer dans les outils

Concrètement …
Nous avons élaboré de nouvelles séances, notamment avec des collègues avec qui je ne travaillais pas forcément comme par exemple pour ce 1e trimestre :
● une twitclasse en 4e autour d’un IDD “vivre ensemble dans un monde connecté sur le Web” avec participation à la journée du direct, participation au #saviezvousque pour ce 1e trimestre ;
● création de recueil de poésie numérique en 5e en cours de français ;
mur sonore à l’occasion de la journée européenne des langues avec mon collègue d’espagnol ;
● utilisation de sons libre de droit pour un montage de musique électro-acoustique en éducation musicale...

Autre exemple encore des collègues ont créé des parcours sur Jog The Web pour l’aide aux devoirs de leurs élèves ou encore pour l’HDA.

Entre les séances de pédagolab, chacun avance à son rythme, teste, lit, fabrique.
Nous avons ouvert un espace de stockage collaboratif sur dropbox et un pad sur lequel nous faisons les comptes - rendus et nous échangeons. Nous mettons en place ce qu’André Tricot nous avait recommandé l’année dernière une formation en 3 paliers :
● une formation “institutionnalisée” (son intervention)
● une formation “dépannage”, aide ponctuelle
● un accompagnement de projet (le pedagolab)

Les premiers pas d’EMITHEO

Au collège Saint-Théodard, iI est trop tôt pour dresser un bilan de cette expérimentation. Toutefois, aujourd’hui, les articles du blog apparaissent comme un reflet de ce qui se vit autour de l’EMI dans l’établissement. Ils sont, la plupart du temps écrits à plusieurs mains. Certains professeurs effectuent une relecture quasi - systématique des articles avant leur parution. Ce qui permet de faire perdurer le dialogue, d’intégrer des enseignants réticents pour diverses raisons dans le dispositif.
Depuis le premier article paru sur le blog le 20 novembre, nous avons recensé environ 250 visites. Davantage que le nombre de visites, ce sont les recommandations qui sont importantes. Beaucoup d’entre elles se font à partir de tweets de collègues professeurs documentalistes.

Transmettre tout cela à l’équipe éducative et au collègue permet de maintenir la motivation. Savoir que ce qu’on publie est apprécié donne une dynamique certaine. Les élèves sont fiers de savoir que leurs travaux ont été twittés ou recommandés via d’autres outils que twitter. Ils me demandent régulièrement des nouvelles de leurs parutions.
D’un autre côté, j’ai le sentiment que les interventions que je fais lors de journées pédagogiques trouvent davantage d’écho. Certains collègues viennent me voir par la suite en me témoignant leur volonté de participer…
Bref, chacun avance à son rythme, tâtonne, expérimente, doute… Toutefois, un dynamisme est créé qui nous permettra je l’espère d’atteindre l’objectif à plus ou moins long terme d’éduquer tous les élèves du collège aux médias et à l’information.

En guise de conclusion

Pour impliquer les collègues, nous nous appuyons sur ce que Divina Frau-Meigs appelle les “compétences distribuées”.
L’EMI nous oblige à élargir notre posture de professeures documentalistes et une focale info-documentaire centrée qui n’ouvrirait pas suffisamment selon nous à la dimension sociale et éthique de l’EMI.

Ainsi, l’EMI s’appuie aussi sur des notions de présence numérique, environnement numérique et sur cette idée d’empowerment (pouvoir d’agir) :
-  Comment on évolue dans cet environnement ? Comment on peut agir dessus ?
-  Quelles sont les contraintes qu’il impose en terme d’enclosures, s’interroger sur l’outil utilisé : interopérabilité, indexation, commentaire ?
-  Quelle licence choisir pour la publication de ses travaux ?
-  Comment et pourquoi ce que j’écris/publie parle de moi et de mon identité , de ma vision du monde ?
-  Comment la forme d’une production influe sur l’économie de l’attention ?

L’EMI ajoute ainsi une entrée sur les valeurs (éthique, savoir devenir) aux 3 littératies sur lesquelles nous appuyer : infodoc, médiatique, numérique (digitale).


4 Messages

  • Au sujet de l’article « Comment dynamiser les équipes autour de l’EMI ? » Le 22 février 2015 à 16:34 , par Michèle Pénalva

    Dans sa réponse à l’article des deux collègues professeures-documentalistes : « Comment dynamiser les équipes autour de l’EMI ? » , M. Duplessis fait remarquer, dans le texte officiel « Référentiel des compétences des métiers du professorat et de l’éducation » auquel renvoient les deux auteures : « Notons que, jusqu’à présent, elle (l’institution) ne prend même pas la peine de nommer celui qui a toujours porté les apprentissages info-documentaires et médiatiques dans des environnements imprimés ou numériques. »

    J’ai donc pris la peine de lire le texte officiel de bout en bout et j’ai pu constater, en m’aidant également d’une recherche d’occurrences, que le mot « professeur-documentaliste » n’apparaît... qu’une fois dans tout le texte et encore, en annexe ! Etrange tout de mème et surtout, significatif au plus haut degré. Car ne nous leurrons pas, la tendance n’est pas, malgré les - trompeuses - apparences, à la valorisation de notre métier...

    Je ne doute pas une seconde de l’intérêt de l’expérience menée par nos deux collègues dont j’ai lu le compte-rendu attentivement, mais je rejoins M. Duplessis quant à la nécessité d’être plus vigilants que jamais vis-à-vis de la place que l’institution, sous couvert d’éducation au numérique, envisage de nous donner dans un futur plus ou moins immédiat au sein du dispositif pédagogique et à lire les textes officiels avec le sens critique dont M. Duplessis fait montre dans son article. Pour ma part, je ne vois rien de très encourageant pour l’avenir de notre profession dans tous les textes et rapports parus ces dernières années...


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  • Comment dynamiser les équipes autour de l’EMI ? : deux exemples en collège Le 11 février 2015 à 12:34 , par Muriel A. et Hélène M.

    ​L’intérêt porté à notre article et votre lecture critique ont attiré notre attention. En publiant cet article nous avions bien conscience de la lecture qui pourrait en être faite dans la veine des débats qui animent notre profession ces dernières années. Pourtant, nous avons fait le pari ​(et Doc pour Docs nous a permis de le faire) ​de publier nos deux expériences, en prenant le soin de renvoyer vers ce que nous faisons de concret avec nos élèves et nos collègues, dans le contexte de nos établissements respectifs. Parce que, oui, dans notre monde actuel, il est impossible de tout savoir, de tout maîtriser et que nous sommes convaincues que ce sont par des compétences partagées et néanmoins communes que notre enseignement prend tout son sens. Et non, nous n’enseignons pas une culture, mais nous pouvons créer les conditions de son appropriation...c’est un des sens de ce billet.
    Merci d’avoir éclairé nos propos d​e votre approche dans laquelle cependant nous ne nous reconnaissons pas​​. Il nous semble que notre vision du métier est bien plus large et que nous revendiquons, ailleurs, notre statut d’enseignante​. Vous l’avez parfaitement compris, mais nous le redisons ici, il ne s’agissait pas dans ce billet de parler de contenus d’enseignement que ce soit EMI, info-doc ou culture numérique. Au contraire, nous sommes dans un temps de réflexion active ​(et ​d’​expérimentation, sur le terrain) : nous essayons de penser l’articulation que nous pouvons faire entre l’info-doc et l’EMI. Le terme d’EMI en lui-même peut être critiqué, il n’en reste pas moins que concrètement cette « éducation à » nous amène à questionner le contenu de notre enseignement, info-doc compris, et sans doute même à lui donner plus de sens, en tout cas à questionner notre posture et notre pédagogie.

    Dans ce sens, oui l’EMI est plutôt une bonne nouvelle parce qu’elle nous oblige à tâtonner, à expérimenter, à prendre en compte les pratiques informationnelles et communicationnelles des élèves, et des collègues
    ​, numériquse ou pas d’ailleurs​. Parfois nous réussissons, parfois moins, mais au moins nous essayons quitte à essuyer les plâtres des critiques.

    ​Nous regrettons de ne pouvoir nous exprimer directement sur votre site et avoir ce droit de réponse
    ​ pour expliciter plus encore nos intentions. Nos deux exemples commencent à porter leurs fruits sur le terrain, et​,​ contrairement à ce que vous affirmez​,​ à asseoir encore davantage notre statut d’enseignantes à part entière.


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  • L’EMI, une « bonne nouvelle » pour les professeurs documentalistes ? Le 9 février 2015 à 16:47 , par Duplessis Pascal

    La lecture de votre article a suscité chez moi une réaction que j’ai développée sur mon site des Trois couronnes, sous le titre "L’EMI, une « bonne nouvelle » pour les professeurs documentalistes ? Un exemple de conversion sur Docpoursdocs." Fév. 2015. http://lestroiscouronnes.esmeree.fr/identite-professionnelle/l-emi-une-bonne-nouvelle-pour-les-professeurs-documentalistes-un-exemple-de-conversion-sur-docpoursdocs


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  • Article très intéressant, merci


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