Doc pour docs
Site mutualiste et indépendant, réalisé à domicile par des professeurs documentalistes, pour les professeurs documentalistes.
Site mutualiste et indépendant

Accueil > EMI - Education aux Médias et à l’Information > Ressources pour penser une didactique > Entretien avec Louise Merzeau : culture numérique, média, communs et vivre (...)

Télécharger l'article au format pdf Entretien avec Louise Merzeau : culture numérique, média, communs et vivre ensemble.

mercredi 3 septembre 2014 par Hélène Mulot, Marion Carbillet

Parce que nous suivons avec grand intérêt ses travaux autour de (entre autres) la présence numérique, du transmédia, de l’environnement-support et des communs, et parce que ce qu’elle dit nous semble fondamental et transférable lors de nos séances d’EMI et de culture numérique, nous avons sollicité Louise Merzeau qui a accepté de participer au jeu des interviews de Doc pour Docs.
C’est lors de la lecture du conducteur de la conférence « L’expérience transmédiatique,
ou comment vivre ensemble dans le monde numérique ? »
qu’a germé l’idée de cet entretien. Les questions sont organisées autour de 5 thèmes : numérique, culture numérique, média, communs et vivre ensemble.

Louise Merzeau est Maître de conférences HDR en sciences de l’information et de la communication à l’université Paris Ouest Nanterre La Défense. Elle y est responsable de l’axe « Culture informationnelle et médiation sociotechnique : biens communs numériques »du master « Industries culturelles et environnement numérique »
elle est aussi codirectrice du département Infocom et directrice adjointe du laboratoire Dicen-IDF

Elle est l’auteure du site Louise Merzeau : Médiologie, Culture numérique, Photographie

NUMÉRIQUE

Vous dites que les technologies numériques, évoluant en permanence, demandent un effort d’apprentissage récurrent. C’est donc un apprentissage adaptatif qui nous concerne tous ? Avez-vous en tête quelques exemples concrets de cet apprentissage ?

Il est important de sortir le numérique des discours de l’expertise. Même un utilisateur assidu, qui s’est familiarisé avec des machines, des environnements, des logiciels, aura toujours quelque chose à apprendre au fil de sa pratique. Les représentations clivantes (digital natives, early adopters, etc.) propagent une vision fausse et nuisible. Il faut renoncer au mythe du point de vue surplombant de l’expert qui maîtriserait tout une fois pour toutes, et accepter d’être dans un inconfort un peu hasardeux, mais finalement beaucoup plus enrichissant. Il faut surtout comprendre que, loin d’être en retard sur l’offre technologique, l’usage est ce qui l’oriente, l’évalue, la transforme, l’accepte ou la rejette. Cet espacement entre ce pour quoi les innovations sont programmées et ce qu’on en fait réellement dessine l’espace d’une liberté, pas d’une incapacité. Autrement dit, l’ajustement avec nos prothèses techniques est réciproque : elles s’adaptent à nos modes de vie, à nos cultures, à nos résistances, autant que nous nous adaptons à elles.

Cela ne signifie pas, cependant, que l’acculturation au numérique ne nécessite pas d’effort. Il s’agit bien d’un apprentissage, qui demande de la persévérance, de la curiosité, de la méthode et beaucoup de pratique. Le credo du “faites tout vous-même tout de suite sans aucune connaissance” relève d’une idéologie : celle de l’industrie qui préfère avoir affaire à des consommateurs impatients et ignorants plutôt qu’à des usagers exigeants, bricoleurs et réfléchis. Aussi conviviaux et intelligents soient-il, les outils numériques ne deviennent réellement productifs que lorsqu’on en a une certaine intelligibilité. Sinon, ils ne procurent qu’un sentiment d’impuissance et d’énervement. C’est cette intelligibilité qui permet d’échapper en partie au rythme de l’obsolescence programmée pour se construire des régularités, des itérations, des facteurs de reconnaissance et de familiarité, en bref une mémoire d’usage qu’on puisse exploiter.

Je citerai en exemple l’édition d’un blog avec un CMS. L’intérêt des outils open source comme Wordpress est qu’ils favorisent un apprentissage progressif. L’interfaçage permet de créer son blog en quelques minutes sans expertise particulière ; mais à mesure qu’on l’utilise, on devient capable de formuler des besoins plus précis et on est alors contraint d’approfondir sa connaissance de l’outil, en se rapprochant de la communauté qui le porte. De là, on pénètre plus en profondeur les mécanismes de la lecture en ligne, de la recommandation, de la propagation, etc. La maîtrise progressive de la technique ouvre ainsi des questions plus qu’elle n’y répond, et le savoir est moins le préliminaire, que le produit de la pratique.

Sur le plan de la transmission, pensez-vous que le numérique ait la capacité de transformer les méthodes pédagogiques des enseignants ? En quel sens ?

Je ne le dirais pas exactement de cette façon, car c’est tout un ensemble de facteurs (économiques, démographiques, culturels…) qui contraint les enseignants à remettre en question certaines méthodes et certains principes. Mais l’avènement du numérique constitue bien sûr un tournant fondamental qui transforme les processus de fabrication et de transmission du savoir.

Pour en mesurer la portée, il faut s’affranchir d’une pensée instrumentale, qui est encore celle de l’informatique, et prendre conscience que le numérique désigne désormais un milieu beaucoup plus qu’un outil. C’est ainsi que le vivent la plupart des utilisateurs au quotidien, mais l’institution l’envisage encore bien souvent dans un rapport d’extériorité au système de connaissance, de mémoire et de transmission qu’elle est censée perpétuer. Ainsi, on insiste sur les effets de vitesse, d’automatisme ou de formalisme inhérents à la technologie numérique, là où les usagers ressentent au contraire des effets d’enveloppement, de continuum, voire de naturalisation des prothèses techniques. On a tendance à confiner le numérique dans des sections, des lieux et des créneaux séparés, alors qu’il faudrait le penser comme le contexte qui réorganise l’ensemble des connaissances. Le débat récent autour de l’apprentissage du code à l’école illustre bien ce décalage. L’institution scolaire voit dans cette initiation une nouvelle "matière", qui lui permettrait de combler ce qu’elle considère elle-même comme un retard, sans affecter le reste des disciplines. Or si la compréhension du code informatique doit être généralisée, ce n’est pas pour former une nouvelle classe d’experts, mais pour appréhender la manière dont il reconfigure tous les contenus, opérations et liaisons dans le savoir. L’enjeu est de passer d’un face à face avec la machine (le fameux "rapport homme-machine" et la question centrale de l’interactivité qui a occupé les années 1990), à une relation avec un environnement, qui réclame moins une technologie qu’une écologie.

Assez logiquement, l’innovation pédagogique se fait donc davantage sur un mode bottom-up, à l’initiative d’enseignants qui ne sont pas des spécialistes mais des usagers soucieux de questionner leurs pratiques et celles de leurs élèves. Les méthodes d’enseignement vont dans ce sens inéluctablement évoluer, même si cela se fera à des rythmes très variables en fonction des contextes et des individus. Le principal changement consiste précisément à travailler à partir du savoir déjà implanté chez les utilisateurs pour le systématiser (expliciter des règles, des logiques, des choix possibles), le mettre en perspective (le situer dans une histoire ou une philosophie) et en révéler les aspects non visibles (dégager ses modèles économiques et idéologiques).

Concrètement, cela revient à faire remonter la pratique en amont de la théorie. Donner aux apprenants la possibilité de réaliser quelque chose, en réinvestissant leurs routines, en bricolant et en s’aidant les uns les autres, pour les pousser dans un deuxième temps à analyser et critiquer leur manière de faire et le produit de leur travail. J’ai pu moi-même constater que les étudiants sont beaucoup plus réceptifs aux cadrages conceptuels quand ceux-ci leur apportent une intelligibilité de l’effort de conception et de réalisation qu’ils ont eux-mêmes fourni. Il ne s’agit donc pas de considérer que les élèves n’ont plus rien à apprendre, mais que le savoir à transmettre est en relation directe avec leurs compétences, leurs besoins, leurs expériences.
Évidemment, le risque est de se satisfaire d’une culture de la performance, où l’on se contente du savoir-faire sans interroger les arrière-plans et la portée de ce l’on fait. Sans laisser non plus de place à la récalcitrance ou la créativité. C’est, logiquement, la doctrine des écoles d’application, mais aussi celle qui justifie l’injonction croissante de professionnalisation, laquelle fait passer toutes les autres exigences éducatives au second plan. Il faut donc "résister" des deux côtés : contre la sclérose de l’enseignement, qui ne conçoit qu’une pédagogie top-down, où la maîtrise précède la pratique au lieu d’en procéder ; et contre l’instrumentalisation de l’enseignement, qui le réduit à valider des stages en renonçant à imposer des lectures théoriques (ce que les étudiants réclament, mais dont ils seront les premiers à payer les conséquences…).

CULTURE NUMÉRIQUE

Vous parlez de l’importance d’acquérir une culture numérique. Comment définissez-vous cette notion ?

Comme je l’ai évoqué plus haut, nous sommes en train de passer d’un paradigme informatique, où la numérisation était appréhendée comme une technique et un langage spécifiques, à un paradigme numérique, où elle renvoie à des systèmes de pensée et à des modes de vie. C’est la compréhension et l’accompagnement de cette transition qui doivent faire l’objet d’une culture numérique. L’introduire à l’école, c’est donner aux élèves et aux enseignants la conscience qu’ils ont des options à prendre et à assumer, des valeurs à défendre et à perpétuer, des histoires à imaginer et à transmettre. Une culture ne se limite jamais à des savoir-faire. Elle s’enracine dans une mémoire, une éthique et une politique.

Il est sans doute trop tôt pour caractériser définitivement cette culture numérique, mais on peut d’ores et déjà repérer certaines tendances qui la distinguent des formes antérieures d’apprentissage, de gouvernance et d’organisation du savoir. Le fonctionnement en réseau, la transversalité et le mode collaboratif me paraissent à ce jour les plus significatives. La fluidification, l’ouverture et la mise en commun des procédures qu’autorisent les technologies numériques transforment profondément le rapport des différents acteurs à l’apprentissage. Bien utilisées, elles peuvent redynamiser ce qui se joue en classe, en créant justement de nouveaux enjeux, de nouveaux défis, de nouvelles prises de risques. Sans en faire une règle, la publication des travaux constitue par exemple un facteur très motivant – donc également stressant –, là où il n’y avait plus qu’indifférence et ennui. Le regard des autres, à l’intérieur et à l’extérieur du groupe, la considération des pairs, des proches ou des professionnels, et non plus seulement des professeurs, ranime l’exigence du travail bien fait et remet du jeu dans l’acte d’apprendre. Surtout, les étudiants prennent alors conscience que l’école ou l’université font partie de l’espace public, et qu’ils contribuent eux-mêmes à le structurer.

MEDIA

Vous proposez de penser le numérique non plus comme un support ou un média, mais comme un environnement. Pourquoi ? Qu’est ce que la notion d’environnement apporte de plus ?

J’ai apporté une première partie de la réponse en reprenant la distinction proposée par Milad Doueihi entre cultures informatique et numérique. Sur un autre "front", l’approche environnementale se démarque également d’une conception sémiotique ou discursive du numérique, qui le réduit à un univers de signes coupé des enjeux industriels, stratégiques et sociétaux. Dans les deux cas, on accorde le même primat au langage, en négligeant le niveau moins noble des rapports de force, des logiques internes aux systèmes techniques et de l’irrationalité des comportements.

Penser le numérique uniquement en termes de support revient d’autre part à le placer sur le même plan que le livre ou le papier, pour en comparer les avantages et les inconvénients. Or s’il a pu se présenter pendant un temps comme une alternative aux vecteurs analogiques, il est aujourd’hui bien plus que cela. La question n’est plus comment transposer les contenus sur de nouveaux supports ?, mais quel est le monde qui se construit à partir d’eux ? À moins d’adopter une approche médiologique et rappeler que le médium ne transporte jamais sans transformer, la notion de support laisse entendre que le numérique ne serait qu’un réceptacle, alors qu’il a force de loi, de croyance et d’identification.

Clé de voûte de ce qu’on appelle en médiologie une médiasphère, il n’est pas un média parmi d’autres. C’est un méta-médium qui englobe et transforme tous les autres, en absorbant leurs contenus, en bousculant leur modèle économique, en obligeant chacun à se redéfinir. Davantage comparable à l’écriture ou, dans une moindre mesure, à l’imprimerie, il modifie les relations de proximité et de hiérarchie, impose des changements d’échelle considérables, ouvre des perspectives hier inenvisageables.

Vues depuis la position d’un utilisateur lambda, ces mutations sont moins perçues comme des ruptures que comme un enveloppement progressif, qui se renforce à mesure que les usages se banalisent. De moins en moins étranger, le numérique devient le milieu ambiant où s’effectuent la plupart de nos activités sociales (travailler, consommer, jouer, converser…). C’est ce qui rend difficile, mais aussi passionnant, le travail qui vise à le mettre à la bonne distance critique, pour en produire une intelligibilité.

COMMUNS

Certains enseignants dénoncent l’utilisation des technologies du Web 2.0 à l’École car ils y voient une soumission aux logiques du marché. Qu’en pensez-vous ?

C’est absurde. À moins de renoncer entièrement à introduire le web à l’école – solution difficilement défendable et de toute façon irréalisable –, prétendre contourner les plateformes relevant d’une économie marchande est une vue de l’esprit qui dénote une incompréhension profonde de l’environnement numérique. En retirant Facebook, Twitter, Google, YouTube, Flickr, Tumblr ou Pinterest, on n’obtient pas un web non marchand, mais un web mort. C’est de l’intérieur du système qu’il faut militer pour le développement des outils open source, des contenus ouverts et des ressources administrées en commun. Parce que les principaux agents de la marchandisation sont aussi ceux qui mettent à notre disposition des outils performants permettant d’échanger, d’innover et finalement de construire et d’adopter collectivement des alternatives. Et parce qu’il faut aller là où sont les usagers, à commencer par les plus jeunes, si l’on veut les conduire vers d’autres dispositifs.

On peut bien sûr encourager le recours aux logiciels libres et préférer OpenStreetMap à Google Maps, ou Wikipédia à Amazon. Mais on ne peut se priver des applications qui contribuent à normaliser le web en imposant leurs propres standards. D’autant que, pour critiquer le web 2.0, il faut d’abord le comprendre, donc le pratiquer de l’intérieur. Recourir aux médias sociaux, y compris dans le cadre d’activités pédagogiques, ne signifie donc nullement qu’on entretienne l’inculture du consommateur aux dépens d’une lecture savante du web. C’est au contraire en faisant réfléchir les élèves aux environnements qu’ils ont l’habitude de fréquenter qu’on les responsabilisera.

Quel lien faites-vous entre médiation numérique et communs ? Vous avez co-organisé dans le cadre du master info-Com Axe Biens communs numériques une série de 6 webinaires. Quels enseignements sur la forme et le fond en retenez-vous ?

La philosophie des communs me paraît aujourd’hui la seule voie qui permette de concilier le désir de voir se développer les potentialités du numérique avec le refus d’une hégémonie des logiques propriétaires. Ce qu’il faut combattre, ce ne sont pas les outils, mais l’individualisation des pratiques que les industries cherchent à nous imposer. C’est là qu’interviennent les diverses instances de médiation (enseignants, documentalistes, bibliothécaires, conservateurs, etc.). Leur rôle est d’orienter l’usage des technologies vers des modèles qui fassent société et ne se contentent pas de satisfaire des besoins individuels et consuméristes.

La réflexion sur les communs aide à prendre conscience des enjeux politiques de nos dispositifs, en examinant les formes et modalités de l’espace public et en posant la question des droits de l’usager. Elle permet de traduire en projets collectifs la vigilance à l’égard des abus de confiance dont se rendent coupables bien des acteurs du numérique. La fonction des médiateurs consiste à rappeler les exigences d’ouverture, d’interopérabilité et de portabilité sans lesquelles il n’y a pas de mise en commun possible. Qu’elle soit institutionnelle, associative, communautaire ou même amicale ou familiale, la médiation sert à créer les conditions d’un partage durable, là où les stratégies marchandes fabriquent des enclosures pour renforcer la dépendance du consommateur et l’assigner au temps discontinu de l’innovation permanente.
Par sa forme et son contenu, le webinaire sur les biens communs numériques que nous avons créé cette année à Nanterre a ouvert une voie encore largement ignorée par l’institution comme par les étudiants. Le désenclavement imposé par le dispositif (intervenants extérieurs, séances mises en ligne instantanément, archivage sur YouTube, prise de notes collective sur des pads, rédaction de synthèses sur Storify) modifie profondément la relation au cadre pédagogique. Les étudiants sont à la fois plus autonomes et plus impliqués, ils comprennent que la formation est une passerelle vers la recherche et vers différents milieux d’activisme. J’ai la faiblesse de penser que leur conscience citoyenne n’en est que renforcée…

VIVRE ENSEMBLE

Vous donnez la notion de « dispositif bienveillant ». Pouvez vous précisez cette notion, notamment en nous expliquant quels dispositifs ne sont pas bienveillants et pourquoi ? Quelles sont selon vous les problématiques-clés qu’il faut prendre en compte pour assurer le bon fonctionnement démocratique de nos sociétés à l’avenir ? Vous parlez d’un « vivre ensemble » pouvez-vous expliciter ?

J’emprunte à Emmanuel Belin cette belle notion de « dispositif bienveillant » pour distinguer les environnements techniques socialement tolérants de ceux qui bloquent l’intégration de l’innovation dans un habitus. Cette bienveillance commence par la compatibilité et la convertibilité des matériels et logiciels, qui garantissent l’enracinement des technologies dans une durée humaine. À l’opposé, il existe de nombreux systèmes d’empêchement, mis en place par les acteurs cherchant à préserver des prérogatives économiques, politiques ou symboliques : connectiques et formats incompatibles, DRM, fonctions bridées ou verrouillées, opt-out, etc.

À une plus grande échelle, le dispositif bienveillant fabrique du commun en permettant aux utilisateurs d’administrer leurs ressources et leur mémoire collective. À une dynamique de performance – nécessairement structurée sur le mode de la rupture –, il oppose une logique de cohérence – avec soi-même et sa communauté, mais aussi avec les autres. C’est en ce sens qu’il concourt au bon fonctionnement démocratique de nos sociétés. Il assure un « vivre ensemble » qu’il ne faut pas confondre avec la clôture des univers affinitaires que construisent les grands acteurs du web.

CONCLUSION

Au final sur le monde en train de se construire, portez vous un regard plutôt inquiet ou plutôt positif ?

Je pense que nous sommes à un tournant décisif de l’évolution des cadres de connaissance et de vie. L’environnement numérique a déjà beaucoup changé. En quelques années, il a ouvert aux citoyens un espace de création, de délibération et de mémoire totalement inimaginable il y a seulement vingt ans. Mais, en même temps, les logiques marchandes se sont emparées des principaux outils d’accès, d’indexation, d’intermédiation et de navigation. Nombre d’usages se sont banalisés, sans toutefois qu’on puisse toujours parler d’une véritable appropriation, car les comportements ont logiquement tendance à chercher la facilité. Il reste donc beaucoup à faire pour développer et propager d’autres philosophies du réseau, tout en assurant la continuité avec notre héritage humaniste. La génération de ceux qui ont vécu l’avènement du numérique a un rôle essentiel à jouer pour négocier cette transition en ce moment-même. Après, il sera trop tard, car tout aura été industrialisé. Mais je reste confiante, parce que le réseau lui-même est un formidable vecteur pour transmettre et faire évoluer les mentalités…

P.-S.

Nous remercions Louise Merzeau pour le soin et la qualité des réponses apportées à cet interview.
Nous nous sommes permises de mettre en exergue des extraits en couleur pour leur portée fondamentale.

La vignette de cet article est une photo extraite du site de Mme Merzeau.



Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n'apparaîtra qu'après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Contact | | Plan du site | Mentions légales | Suivre la vie du site RSS 2.0 | Haut de page | SPIP | ScolaSPIP
Sauf indication contraire, les articles de ce site sont mis à disposition sous licence Creative Commons : Licence Creative Commons
Move Commons À but non lucratif, Reproductible, Contribuant à d'autres buts, Organisation horizontale  Move Commons