Promotion de la lecture loisir : les actions qu’un professeur-documentaliste peut mener seul

2 | (actualisé le ) par Claire Pommereau

Il aura fallu que j’attende mes 18 ans de doc pour m’avouer à moi-même que je pouvais être légitime dans l’organisation de projets lecture pour les classes, en dehors de l’enseignement du français. Je pense d’ailleurs que mes collègues l’ont accepté avant moi. Pour autant, les moyens utilisés ne peuvent pas être les mêmes, et certaines règles doivent être respectées.

Sur le sujet de la collaboration avec nos collègues de lettres, je vous renvoie à un article que j’ai publié sur Docs pour Docs, sur la différenciation des projets lecture. Je vais essayer ici de m’intéresser uniquement aux projets qu’on peut légitimement mener seuls, ou lancer seuls en s’assurant de la complicité de collègues (pas nécessairement de lettres, d’ailleurs), dans l’objectif très spécifique de faire de nos élèves des « lecteurs pour toujours ».

Une notion à bannir : la lecture plaisir !

Je propose un préalable : arrêtons de parler de « lecture plaisir » quand on parle de « lecture loisir » !
Pourquoi les lectures imposées en cours de français n’aurait-elle pas le droit d’être qualifiées de lecture plaisir ? Ne donnons pas aux élèves (et à nos collègues) l’impression de travailler dans deux sphères opposées. Nos collègues ont eux-aussi le souci du plaisir pris par les élèves à découvrir de grands textes, même si certains revendiquent que ce n’est pas leur objectif premier, et qu’ils ne sont pas là pour apporter du plaisir aux élèves, mais des connaissances et de la culture. De la même manière, une lecture-loisir ne donne pas toujours du plaisir, elle peut être documentaire, utilitaire...

Quels projets-lecture peuvent aider nos élèves à devenir des « lecteurs pour toujours » ?

Avec la baisse des heures de français, la disparition des heures-projets, et les nouveaux programmes, la plupart de mes collègues ont abandonné les projets un peu « différents », mais gourmands en temps. Essayer de mener seule ces projets est voué à l’échec, j’en ai fait l’expérience cette année. Dans la tête des élèves, je suis bien « la prof du CDI », mais je ne donne pas de travail à la maison, pas de note, et ils ne voient pas trop bien pourquoi je les obligerais à lire. D’ailleurs, à bien y réfléchir, moi non plus ! Restons donc sur la lecture-loisir, celle que l’on choisit de son plein gré.

Suite à une enquête-lecture passée cette année (détails sur mon blog), j’ai compris que :
- Mes élèves sont davantage lecteurs que je ne le pensais. Même s’ils ne lisent pas tous très souvent, ils aiment pour la plupart lire, et acceptent d’un bon oeil les lectures sur place
- Les gros projets lecture (rencontre avec un auteur, participation à un prix...) ne servent peut-être finalement pas à grand chose pour faire de nos élèves des gros lecteurs. S’ils font effectivement lire les élèves, ceux-ci sont-ils davantage lecteurs après ? Est-ce que ce sont ces projets-là qui sont les plus efficaces pour faire de la lecture le loisir préféré de nos élèves ?

J’ai décidé d’arrêter de me culpabiliser parce que je n’organise pas ce type de projets lourds, et par la même occasion, d’arrêter de culpabiliser mes collègues parce qu’ils ne me sollicitent pas ! A chacun ses objectifs, à chacun ses outils !

Des objectifs spécifiques, donc des projets spécifiques

Mes objectifs de professeur-documentaliste concernant la lecture ne sont pas tout à fait les mêmes que ceux de mes collègues de lettres, assignés à un programme très précis. Ce que je faisais en catimini, presque à défaut de faire des projets sans eux, m’apparaît maintenant comme les vrais fondements de mon travail. Je ne ferai donc rien de plus, mais je vais officialiser mes objectifs et planifier les actions :
- Objectifs  : éviter la fragilisation des habitudes de lecture tout au long des années-collège, pour faire que les élèves restent des lecteurs solides, même après leur sortie de l’école.
- Moyens utilisés : donner des habitudes de fréquentation des « lieux » associés à la lecture (bibliothèques, libraires, sites spécialisés...), faire découvrir tous les types de livres existants, faire découvrir à chacun ses goûts, proposer tout au long des quatre années des activités de lecture qui placent la lecture comme un loisir agréable et/ou qui va de soi.

Ma nouvelle boite à outils comportera donc trois types d’actions :
- Les actions de gestion au quotidien : politique d’achat, organisation du lieu, politique d’ouverture...
- Les projets en tête à tête avec les élèves (avec éventuellement des personnes de l’extérieur ou le CPE, l’assistante sociale...) en dehors des heures de cours (heures d’étude, péri-scolaire, heures-CDI)
- Les projets pour lesquels on sollicite les collègues, l’activité se passant sur une partie ou sur l’intégralité d’une de leurs heures. Il n’est pas nécessaire que cela ait lieu sur des heures de français.

Afin que les collègues de lettres ne ressentent pas ces projets comme de la concurrence, il faut :
- Intégrer très officiellement ces objectifs lecture-loisir dans le projet du CDI, présenté au CA et à la pré-rentrée
- Continuer à proposer des petites collaborations aux collègues de lettres, en lien avec leurs programmes (cf un autre de mes articles)
- Communiquer, inviter, faire participer, ne pas donner l’impression de vouloir faire cavalier seul. Il faut laisser entendre que s’ils se sentent concernés par ces objectifs, nous pouvons travailler ensemble.
- Ne pas demander aux élèves de lire à la maison : privilégier la lecture « sur place » et les textes courts (albums, nouvelles, romans très courts...).

Action 1- Leur faire découvrir tous les types de livres, et donc leur goûts

La politique d’achat est fondamentale, et le mode de communication des nouveautés l’est tout autant :
- Il faut pouvoir proposer des livres de toutes les difficultés (y compris des livres faciles pour les élèves mûrs...), de tous les genres, sur tous les thèmes... N’oubliez pas les livres documentaires un peu rigolos ou bizarres, les illusions d’optique, les histoires vraies (très demandées par les filles), les albums, les thèmes porteurs comme le foot... Si vous avez un petit budget, voyez avec le FSE si vous pouvez organiser un club BD ou manga, et achetez des titres avec une petite subvention, ou voyez avec la bibliothèque si vous pouvez avoir régulièrement des livres à consulter sur place (prévoyez une malle dédiée)
- Il faut faire connaître les achats à extérieur du CDI (affiches, Internet, passer les montrer dans les salles, présentoir en salle d’étude...) mais aussi à l’intérieur (lisibilité de la table des nouveautés, marque page à disposition avec les nouveautés,...)

Quand les élèves sont au CDI sur une heure d’étude ou une « heure-CDI », mettez-leur sous le nez le plus souvent possible les livres et magazines qu’ils ne prennent pas le temps de découvrir par eux-mêmes. Quelques minutes réservées à la lecture libre ou imposée (vous posez des documents sur les tables) peut suffire à faire tilt. Laissez-leur le temps d’emprunter, aussi.

Il faut que les élèves aient l’occasion de voir les livres que vous achetez, de les feuilleter, de les lire sur place, de les emprunter. Cela parait évident, dit comme ça, mais ce n’est pas toujours le cas :
- Cela nécessite d’ouvrir le CDI au moins une récréation par jour, et le midi
- Cela nécessite de voir les élèves le plus souvent possible, et donc d’avoir des séances régulières avec eux, soit seuls avec eux, soit avec un collègue. C’est le seul moyen de toucher TOUS les élèves. Si on se contente des heures d’étude, on ne voit pas tous les élèves.
- On peut aussi aller les voir dans les classes, présenter les nouveautés
- Si le CDI est trop loin de la cour, et qu’il est impossible de laisser les élèves venir seuls, allez vers eux : descendez une caisse de livre à la récréation, installez un présentoir en étude, ou dans une salle plus facile à gérer à la récréation. A cet âge, on ne va pas « coûte que coûte » au CDI, mais on peut être contents que le CDI vienne à notre rencontre. Encore une fois, mettez-vous dans leurs basket d’ados pour mieux les comprendre. Et si un livre disparaît du présentoir de l’étude, dites-vous que vous aussi, vous vous faites voler des livres. Vérifiez que toutes les précautions sont prises, mais persévérez.

Action 2- Leur faire découvrir les lieux de lecture (bibliothèques, librairies...)

Selon la proximité du collège avec la bibliothèque la plus proche, emmenons-les à la bibliothèque, ou faisons venir nos collègues bibliothécaires au collège :
- Assurons-nous qu’ils en connaissent les codes : le logiciel en ligne, les classements, la possibilité de réserver, de proposer un achat, de demander un conseil, la nécessité de parler tout bas... pour qu’ils s’y sentent à l’aise, pas décalés. Tout ce qui va faire ressembler le CDI à une « vraie » bibliothèque est donc bon à prendre.
- On peut proposer aux bibliothécaires de venir participer aux projets qui tournent autour de la lecture. Ainsi les élèves prennent l’habitude de les voir, et leur adressent plus volontiers la parole lors de leurs visites à la bibliothèque. Ils se sentent ainsi moins en terrain inconnu. Demandez-vous si vous osez demander un conseil de lecture à des bibliothécaires inconnus, quand vous allez chercher des livres pour vous-même ! Et pourtant, vous êtes adulte et dans le métier...
- On peut tester une formule concentrée, et inviter les bibliothécaires à passer une ou deux heures au collège, prévoir un petit circuit pour passer quelques minutes dans quelques classes, pour présenter des nouveautés (nouveaux abonnements, nouveaux mangas, quelques romans et livres documentaires). Il vous faut la complicité des collègues, n’arrivez pas tout sourire dans les salles sans prévenir ! Cela peut être prévu la veille de vacances. Si les élèves seront peut-être étonnés la première fois, voire se marrer un peu, ils attendront ce RDV les vacances suivantes. Ritualiser ce genre de passages peut s’avérer très efficace.
- On peut aussi bien-sûr prévoir d’emmener des classes visiter la bibliothèque locale si elle est proche du collège, de notre propre initiative seuls avec un petit groupe, ou avec un collègue. Il n’est pas nécessaire de passer deux heures sur place, l’objectif est juste de leur montrer les lieux, les personnes qui les accueillent, éventuellement les coulisses. Si la bibliothèque est proche, une heure de cours peut suffire à emmener un groupe, rendant ainsi la sortie très facile à organiser.

De la même manière, on peut essayer de leur faire connaître les librairies, les sites Internet qui permettent d’acheter des livres (pour les collèges isolés en campagne). Les élèves très souvent ne savent pas comment on achète un livre !
On peut aussi leur faire connaître des sites et blogs pour donnent des idées de lecture, pour qu’ils puissent s’y référer plus tard.

Action 3- Leur proposer des clubs qui donnent envie de lire (pour détails, cf article sur Docs pour Docs)

Bien-sûr, on n’y touche que les demi-pensionnaires, mais ce n’est pas une raison pour ne pas les exploiter.
D’autant que si vous organisez un club « trois midis », vous pouvez décider des externes à prendre quelques repas au ticket, et les faire ainsi participer.

- Des activités attractives

Proposez des montages d’images, de sons, de la vidéo... Allez visiter la libraire avec un chèque à dépenser, ou la bibliothèque avec une malle à remplir. Associez les deux : filmez la sortie, et faites un montage au retour, avec les avis des lecteurs. Vous les obligerez ainsi à lire...

- Partagez les lectures avec des lecteurs adultes

Organisez des rencontres entre les élèves et des lecteurs adultes : le groupe de l’UTL (Université du Temps Libre) de votre ville, parents d’élèves, grands-parents, surveillants, collègues, anciens collègues à la retraite, voisins, belle-sœur... Osez, vous verrez, vous serez vite très entourés ! Choisissez bien les livres à faire lire : romans coups de cœur, albums...

- Participez à un prix en créant des monstres-lecteurs à plusieurs têtes

Vous avez trouvé des lecteurs pour votre club, mais à l’idée de lire 5 romans, ils ont tourné les talons... ne leur en voulez pas, ils ont sans doute déjà un livre à lire pour le français, et d’autres sur leur table de nuit.
Proposez-leur de créer un monstre-lecteur à plusieurs têtes : chaque tête se charge d’un des livres. Rajoutez des lecteurs adultes dans le groupe, et c’est le succès assuré.

- Faites découvrir les livres différemment, sans forcément les faire lire

Si si ! Proposez par exemple des jeux à partir des premières pages de quelques romans, et faites-leur relever par équipe le maximum d’indices par équipe (la première page du roman de Valérie Hobbs, Le défi, est étonnante. En deux paragraphes, on a plein d’indices. Je mets l’extrait en fichier joint). Un point par indice trouvé, une équipe gagnante à la fin. Ou proposez des extraits et des couvertures, à eux d’associer les deux. Si certains veulent les emprunter à la fin, ce sera le bonus. Cela permet de faire sortir des romans dont les couvertures ne sont pas attirantes. Vous pouvez aussi proposer ce type de jeu, et leur dire après : « à vous de jouer, trouvez des débuts de romans sympas, des extraits chouettes, et fabriquez-moi de nouveaux jeux ». Cela peut paraître ancestral comme activité, mais ça marche toujours. Évidemment, ne proposez pas ça toute l’année ! Cela fait partie de la palette d’activités-flash qu’on peut utiliser en club-lecture.

Action 4- Proposer aux classes des animations rigolotes qui donnent envie de lire

Si vous voulez toucher tous les élèves, organisez un événement littéraire proposé à toutes les classes d’un niveau.
Choisir la semaine d’un voyage pour avoir toutes les classes de 6e et éviter ainsi des trous dans leurs emplois du temps peut être une bonne idée, et votre adjoint vous en sera ultra-reconnaissant...
Si vous avez les 6e à votre emploi du temps, ne cherchez pas, ce sera sur ces heures-là. Vous pouvez aussi solliciter les professeurs principaux.
Je n’ai testé cette formule qu’avec des 6e, et mes essais avec quelques 5e ne m’ont pas semblé convaincants : ils se trouvent un peu grands pour jouer à ce type de jeux. En plus, c’est pas noté !

- Astuce 1 : Une lecture juste pour le plaisir, avec un vote visible non scolaire

On peut créer des événements autour de lectures rapides (romans courts comme les Petites poches, nouvelles, albums, poésie), à lire sur place au CDI.
Un vote un peu visuel peut alors permettre aux élèves de donner leur avis juste après la lecture : pots remplis de sable avec des pailles de couleur à planter, fils à linge avec papiers de couleur à accrocher... Au fil du projet (qu’il ne faut pas prévoir trop long, une semaine ou 15 jours suffisent), les avis des élèves sont visibles et décorent le CDI. Si les élèves sont plus âgés, il faut prévoir des modalités moins enfantines.

- Astuce 2- Mettre du son sur des histoires

Parfois les élèves n’aiment pas qu’on leur raconte des histoires, mais le plus souvent, si ! Alors lisons à haute voix, des contes, des nouvelles, des extraits. Mais lisons bien !! Quitte à prendre des cours, s’entraîner.
Ou alors ne lisons pas, mais faisons-les mettre en voix, mettre en scène, en vidéo... C’est plus facile en club, mais après avoir testé et fait ses armes en club, on connaît les meilleurs logiciels, et on voit comment s’organiser avec un groupe plus grand.

- Astuce 3 : Lire pour établir une sélection qui sera diffusée, en partenariat par exemple avec une bibliothèque

Parfois, les élèves sont motivés par le simple fait de lire pour élire le livre préféré. Ce n’est pas le cas de mes élèves. Je me suis donc demandée comment les motiver à lire pour donner leur avis, de manière pas trop artificielle ni trop scolaire.
Avec les collègues de la bibliothèque, nous allons donc leur demander de donner leur avis pour une sélection de BD/mangas mise à la disposition des lecteurs à la bibliothèque du quartier. Cela pourra être l’occasion d’une visite sur place, ou d’une rencontre au collège avec les bibliothécaires.
On pourrait aussi leur demander de faire un choix de romans pour des CM2, et organiser une rencontre lors de la fameuse visite du collège des primaires en fin d’année.
On peut le faire en club, ou avec les classes que l’on a dans l’emploi du temps, en l’associant à des activités documentaires, comme détaillé dans le point suivant (interview des bibliothécaires, reportage sur la visite, recherches sur les auteurs des BD, affiches pour la bibliothèque...).

Action 5- Proposer des activités documentaires, en prolongement de lectures sur place

Profitons d’avoir des séances hebdomadaires en 6e et 5e (c’est mon cas) pour intégrer des lectures au sein des activités documentaires, pour leur faire découvrir des genres, des types de lecture.
Voici quelques idées :
- En 6e, chacun choisit un poème dans le rayon poésie du CDI, et le met en page pour fabriquer des marque-pages pour le Printemps des poètes : recherche éventuelle du texte sur Internet (on peut leur parler des droits d’auteurs, c’est chouette !), copie dans un traitement de texte, format paysage, deux colonnes, changement de marges, insertion d’un logo commun, enregistrement sur le serveur, modification de la mise en page.
- Faisons-leur lire des Petites poches (parce que c’est bien, et parce que c’est court) avant de leur demander un exposé et des recherches Internet sur l’auteur, le thème...
- Vous avez organisé une animation rigolote (cf point précédent), vous avez pris des photos, vous avez vu le travail des journalistes ? Faites-leur écrire des articles pour le blog du collège ou du CDI.

Mais veillons à ne pas demander aux élèves de lire à la maison, au risque de mettre les collègues de lettres en difficulté. Il est plus simple de leur laisser la priorité concernant les lectures « obligatoires » à la maison. Restons quant à nous sur les lectures-loisirs librement consenties, ou sur des lectures obligatoires sur place.

Action 6- Faire des conseils de lecture personnalisés, faire exister les élèves en tant que lecteurs

Plus vous aurez d’ancienneté dans un poste, plus vous aurez organisé d’activités obligatoires pour voir les élèves, et mieux vous les connaîtrez. Vous serez donc plus à même de leur conseiller un livre qui aura des chances de leur plaire.
Quand ils viennent en 3e dans le cadre d’une activité obligatoire de français, et qu’on peut poser devant eux LE livre qui va leur aller, on se sent vraiment utile. D’ailleurs, s’ils se sentent en confiance, ce sont eux qui sollicitent notre aide : « et celui-là, Madame, il va me plaire ? ».

Action 7- Toucher les 4e et les 3e

A partir de la 4e, cela devient plus difficile de toucher seul les élèves . C’est là que la complicité de vos collègues, toutes disciplines confondues, sera indispensable, par exemple pour les faire lire sur place. Profitez des semaines de voyages où les collègues se retrouvent avec la moitié de leur effectif, des jours de neige sans ramassage...

En conclusion

J’espère vous avoir donné envie de regarder vos élèves différemment. Dites-vous que vos élèves aiment certainement les histoires, à défaut de se donner du temps pour en lire. Et que peut-être ils ont juste besoin d’idées de lecture, et d’être un peu poussés. Interrogez-les, et pensez à vous interroger vous-même sur vos propres pratiques de lecteurs, d’emprunteurs en bibliothèque. Interrogez votre entourage : « Et toi, comment tu choisis tes livres ? ». Cela vous guidera certainement pour organiser votre action.

Finalement, je n’ai écrit que des banalités et des lapalissades. Ce sont des idées simples, pas coûteuses, qui ne demandent guère de temps de préparation, a contrario de beaucoup de projets flamboyants qui nous font envie sur le net. En touchant chaque élève régulièrement sur les quatre années du collège, on peut sans doute assez simplement faire baisser le nombre d’élèves qui cessent de lire pour leur plaisir, mais qui ne cessent jamais d’aimer lire, ni d’aimer les histoires.
Des idées cependant qui demandent une bonne organisation, un planning préparé et suivi, et des heures régulières avec les élèves. Un travail de prof, quoi !

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